L’histoire : au fil de l’eau…

toureiffel
1.P – Dernier regard

L’exposition commence par l’escapade de ces bateaux un peu oubliés dans le brouhaha incessant des hommes. Cela faisait si longtemps qu’ils rêvaient de cette expédition. Humez ces vapeurs qui embaument l’air, écoutez le chant des flots qui nous appelle. Levons l’ancre !  Quittons ces tristes berges et voguons vers de nouveaux rivages.  Laissons-nous porter par le vent, le fleuve et l’errance des nuages …

Ils respirent ce vent d’Ouest chargé de sel et d’iode et l’envie de lumière et de soleil les bouscule. Ils se laissent emporter par le flot enchanteur. Quelle douceur de se laisser glisser vers un nouvel azur !

La mer les fascine et les inquiète… Combien de capitaines et leur équipage n’ont pu rejoindre le rivage ? Ils rendent visite au vieux phare solitaire. 

On ne peut découvrir de nouvelles terres sans consentir à perdre de vue le rivage pendant une longue période.
— André Gide

20.P Cap blue-nez
20.P Cap blue-nez

Celui qui connaît la puissance des déferlantes, le veilleur des abîmes, leur raconte la beauté et la terreur maritime. Ils  écoutent fascinés des histoires de matelots parcourant les océans, ils apprennent que les grands navires peuvent rentrer au port ou être engloutis à tout jamais. Ils observent avec crainte le mouvement de la mer, cette énorme masse d’eau inconnue, sublime et ténébreuse. Le déchaînement de l’océan, l’immense étendue impitoyable, les histoires de naufrage, mettront-ils fin à leur complicité  ? Il découvre le vertige de l’incommensurable.
Mais le veilleur les rassure et leur dit que bien des capitaines ont sauver leurs équipages dans les pires tempêtes, que ce n’est pas toujours la mer la responsable, celui qui s’amuse à la défier doit veiller à son carénage, au gréement.La mer est une école de liberté et de rigueur, appareiller n’est pas une mince entreprise.

 

A l’heure du crépuscule, les petites embarcations resteront sur le rivage, la coque sur le sable, délicatement effleurée par quelques éclats d’écumes, ils flotteront entre terre et mer, sur ce rivage où tout est encore possible… On peut choisir le bord pour exister, c’est le plus sûr des infinis ; un tracé, une ligne visible qui nous protège du pire et nous ouvre en même temps la porte de l’inconnu.

Les images de cette exposition sont comme une petite musique accompagnée de mots, de comptines, de poésies…