Rousseur d’automne

Chargées d’enfants dorés, de femmes bronze, de colis bossus, les automobiles de septembre semblaient précipiter vers Paris l’offrande ininterrompue de denrées vermeilles, tant la joue était pareille au fruit, et les lèvres rivales des baies les plus rouges.

— Colette, Belles saisons II

Dans le parc…

Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous
Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux
L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude,
Sous le ciel pâlissant comme de lassitude,
Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents,
Bercer l’été qui meurt dans nos cœurs indolents.
Nous marcherons parmi les muettes allées ;
Et cet amer parfum qu’ont les herbes foulées,
Et ce silence, et ce grand charme langoureux
Que verse en nous l’automne exquis et douloureux
Et qui sort des jardins, des bois, des eaux, des arbres
Et des parterres nus où grelottent les marbres,
Baignera doucement notre âme tout un jour,
Comme un mouchoir ancien qui sent encor l’amour.

— Albert Samain, Le chariot d’or

W. Blake
Illustration – W.Blake

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