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Dialogue photo/texte En passant

Le nid solitaire

Le rêve… mon beau rêve à la terre caché.

Des racines et des ailes

Va, mon âme, au-dessus de la foule qui passe,
Ainsi qu’un libre oiseau te baigner dans l’espace.
Va voir ! et ne reviens qu’après avoir touché
Le rêve… mon beau rêve à la terre caché.

Moi, je veux du silence, il y va de ma vie ;
Et je m’enferme où rien, plus rien ne m’a suivie ;
Et de mon nid étroit d’où nul sanglot ne sort,
J’entends courir le siècle à côté de mon sort.

Le siècle qui s’enfuit grondant devant nos portes,
Entraînant dans son cours, comme des algues mortes,
Les noms ensanglantés, les vœux, les vains serments,
Les bouquets purs, noués de noms doux et charmants.

Va, mon âme, au-dessus de la foule qui passe,
Ainsi qu’un libre oiseau te baigner dans l’espace.
Va voir ! et ne reviens qu’après avoir touché
Le rêve… mon beau rêve à la terre caché !

— Marceline DESBORDES-VALMORE, L'aurore en fuite
*Du 15 au 21 de ce mois, des bouquets de poèmes, à la mémoire des victimes, de toutes les victimes dans le monde, des fanatismes, des terrorismes, des barbaries humaines, peuvent être déposés sur la page indiquée ci-dessous :

Mémorial poétique du 13 novembre 2015

6 réponses sur « Le nid solitaire »

Mais bien sûr ! Ce poème ne m’appartient pas, les mots de ce grand poète qu’était Marceline Desbordes Valmore ont sûrement leur place dans votre mémorial.
Un poète qui avait la passion de la vie et du monde sensible, une femme qui aspirait à la liberté.

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Merci ! Ces mots en effet ne nous appartiennent pas ! Ils nous ont peut-être été donnés pour qu’à notre tour nous puissions les offrir. Merci !

(C’est la raison de leur présence ici. Je me suis permise de corriger deux mots, en tapant rapidement sur le clavier il nous arrive d’oublier des lettres. MAA)

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Hier j’avais la tête ailleurs et je vous ai répondu brièvement.
Entre temps j’ai été voir votre page de mémorial et j’ai lu quelques poèmes, une belle initiative, c’est vrai que la poésie est un joli bouquet à offrir dans un tel moment. Je partage…

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[…] Marceline Desbordes-Valmore (Les Expéditions Imaginaires) Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859) Née à Douai en 1786, son père Félix Desbordes, peintre en armoirie fut ruiné par la période révolutionnaire. En 1801 elle part en Guadeloupe où avec sa mère elles vont rejoindre un parent plus fortuné. A leur arrivée elle trouve le parent décédé et une île en proie à la révolte, sa mère y meurt en 1802. Marceline rentre alors en métropole, elle a 16 ans devient comédienne et cantatrice. En 1808 elle rencontre Henri de Latouche. Elle entretiendra avec celui-ci une liaison intermittente et tumultueuse de trente années, en taisant le nom de son amant. Il naîtra en 1809, de cette liaison, un enfant qui mourra à l’âge de 5 ans. En 1847 elle épouse Prosper Lanchantin, comédien besogneux, sans talent, connu sous le nom de Valmore et mène avec lui une vie difficile et itinérante. Ils auront 3 enfants, deux filles Ondine et Inès, un garçon Hyppolite. Inès moura en 1846 et Ondine en 1853, Hyppolite sur les 20 ans qu’il passera dans l’armée sera emprisonné durant 7 ans… Sa production littéraire commencée en 1819 par un recueil « Elégies et romances » aide à subvenir, sans y parvenir vraiment, aux besoins du ménage. Elle meurt d’un cancer en1859, seule, à Paris. Le site officiel de la poétesse est ici […]

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